
Cartographie du Brise-lames de Bocagrande au XVIIIe siècle
Carthagène des Indes
Plano general de la plaza de Cartagena de Yndias, parte de su bahía y terreno de sus inmediaciones para la inteligencia de la situación de la abertura de Bocagrande, abenida peligrosa para dicha plaza y la del Ysthmo que entre esta (...)

Antonio de Arévalo, 1769, Museo Naval de Madrid: MN 28-A-14
Description générale
Le plan montre deux images : dans la première il est possible de voir l'emplacement du brise-lames sur le territoire avec les profondeurs maritimes et dans la seconde on peut voir un profil des caissons qui composent l'ouvrage.
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Espace
Une description de la baie de Carthagène est présentée, détaillant ses caractéristiques géographiques : les zones montagneuses représentées par des courbes de niveau ; la végétation représentée par une couleur verdâtre dans les aires côtières du mangrove ; les zones de plage représentées par des sections en pointillés ; les zones peu profondes divisées par des lignes qui marquent les différences de profondeur ; la bathymétrie de certains secteurs avec leurs mesures numériques respectives. On identifie également les différents noms de certaines zones de la carte, comme les ports et les pointes. Le texte mentionne quant à lui les aspects océanographiques de la baie, tels que les échanges d'eau par l'ouverture de Bocagrande. En outre, le plan montre le brise-lames construit à côté de la ville fortifiée pour prévenir les dommages causés par les tempêtes. En ce qui concerne les carrières, les différences de qualité et leur utilisation pour la construction du brise-lames sont mentionnées.
Les aspects anthropiques du paysage sont marqués, tels que la construction des fortifications actuelles et détruites (surlignées en rouge), les routes terrestres (lignes brunes), la ville fortifiée (ombrée en rouge), les différents toits et autres structures d'habitation (surlignées en rouge). Il est à noter que la zone des carrières d'où est extraite la pierre pour la construction du brise-lames est également indiquée au même titre que la position des bateaux au cas où la défense de la ville serait nécessaire, ainsi que les zones de mouillage et les accès maritimes.
Il indique également l'emplacement des navires destinés à défendre la zone de l'ouverture pendant l'exécution des travaux.
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Acteurs
Non décrit
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Matériaux
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Le texte mentionne qu'il existe différents types de pierres, certaines étant "légères" et d'autres "de bonne qualité". Graphiquement, on constate que seuls trois matériaux sont utilisés : le bois, les pierres et un matériau non identifié.
Le premier est utilisé comme piquets de différentes tailles, comme cales ou comme planches de soutien.
Le deuxième, les roches peuvent être de différentes tailles, les petites étant utilisées pour le remblai et les grandes pour les parties supérieures des caissons ou des blocs de pierre.
Le troisième matériau peut éventuellement être un matériau périssable comme des cordes. Il est représenté dans une couleur verdâtre.
Opérations
Non décrit
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Objet fini
Ensemble de caissons en bois opaque avec remplissage en pierre. Selon sa position et les techniques de construction, le brise-lames peut prendre différentes formes.
La première partie est constituée de caissons de 4 ou 7 verge de large avec des pieux en bois ancrés dans le sol de chaque côté et remplis de pierres. Les pieux sont reliés par une planche à une courte distance du niveau de l'eau à l'aide de petites cales. Ces planches séparent une couche de petites pierres des plus grosses (figure 1 et2). Un deuxième type de caisson a une hauteur de 3 verge, une largeur de 4 verge à la base qui s'amincit en surface à 2 verges, ainsi la base est plus large que la surface au niveau de l'eau. Il est composé de deux pieux qui partent de la surface de l'eau pour s'enfouir dans le sous-sol de la mer. Perpendiculairement aux pieux, il y a trois planches de bois : une à la base, une au milieu et une à la surface de l'eau. Chaque planche est recouverte d'une couche de pierres. Les planches sont reliées aux pieux par des cales et sont soutenues par des poutres transversales et des cales (figure 3). Un troisième type de caisson, d'une hauteur de 6,1 m, a une forme de prisme pyramidal et ne comporte pas de planches au milieu. De plus, contrairement aux autres caissons, il possède un couvercle en bois (figure 5).
Selon la deuxième technique, le brise lame est une structure de groupement de pierres de 1,9 verge de haut, 30 verge de 3 pieds et 12 pouces de large dont 6 pouces correspondent aux pierres de la surface. Les pierres sont partiellement enfoncées dans le plancher océanique et sont disposées de manière que les plus grosses soient sur le dessus, étant dépourvues de tout soutien en bois (figure 4). Une variante de cette structure se trouve dans les zones de plage où plusieurs piquets de bois sont insérés dans le fond marin, laissant une structure dépasser de l'eau (figure 6). Aux extrémités de l’ouvrage, le brise-lames se compose d'une terminaison circulaire de grosses pierres entourant une structure de pieux en bois. Ceux-ci dépassent de la surface de l'eau et sont disposés en quatre lignes parallèles de pieux avec des lignes perpendiculaires à intervalles réguliers (figure 10).
Une troisième partie du brise-lames est composée d'un escalier en pierre, partiellement recouvert (et enterré) par le sable (figure 7). On voit qu’il peut également être construit avec des caissons circulaires remplis de pierres, placés comme un escalier sur une surface carrée de petites pierres (figures 8 et 9).
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