
Arts et métiers
en Chine au XVIIe siècle
Exploitation du fer

Wujin 五金. Song Yingxing, Tiangong kaiwu 天工开物, Tu Shaokui, 1637, vol. 3, chap. 14.
Description générale
On trouve cette partie dans le chapitre wujin 五金 (litt. cinq métaux) du troisième volume. Ce chapitre traite de l’exploitation de cinq substances minières : l’or, l’argent, le cuivre, le fer et l’étain, et de la métallurgie. L’exploitation du fer est la première partie dans la section du fer.
Espace
Selon le texte, les minerais de fer se trouvent dans un sol peu profond plutôt que dans des grottes et c’est sur les plaines et les collines, non dans les hautes montagnes, qu’ils sont les plus abondants. L’image montre l’exploitation sur une plaine. Sur la première illustration, des fleuves et des montagnes sont représentés en fond ; sur la seconde, on voit un étang au centre et un saule à côté. Tout se passe dans des milieux naturels.
Acteurs
L’exploitation du fer est faite par des ouvriers et des animaux. Sur l’image, deux hommes et un bœuf sont présents. Les ouvriers ont des rôles différents : l’un conduit la charrue avec un fouet et l’autre collecte les minerais à découverts.
Le texte ne mentionne pas les acteurs du lavage, mais on voit sur l’image deux personnages. On déduit qu’il ne s’agit pas de la même personne dans les différentes étapes puisque les deux figures sont habillées différemment. L’une, avec le corps incliné en avant, porte une palanche avec des paniers chargés à chaque extrémité ; on déduit, d’après le texte et l’annotation, qu’elle est chargée du transport des minerais recueillis du lieu d’extraction au lieu de lavage. La seconde s’occupe du filtrage préliminaire de la matière (fer en poudre), avec une pelle à main et verse les minerais dans l’étang.
Matériaux
On distingue deux types de fer dont la désignation est faite selon la forme qu’il prend : le fer en mottes et le fer en poudre. Stanislas Julien et Paul Champion les identifient comme le peroxyde de fer hydraté et le minerai de fer oxydé limoneux.[1]
Selon le texte, le fer en mottes est exposé à la surface du sol sous forme de rognons volumineux, friables, se réduisant en poussière par percussion. Le fer en poudre, par contre, est exploité en creusant la terre végétale et est livré à la fonte après lavage. Sur les images, on peut distinguer les matériaux selon la taille des points représentés et à l’aide des annotations :垦土拾锭 et 淘洗铁砂 qui désignent respectivement les opérations d’exploitation et du ramassage des minerais de fer en mottes et celle du lavage du fer en poudre. Le texte mentionne aussi les régions riches en fer dans l’empire : le fer en mottes est abondant en Gansu甘肃 et à Quanzhou 泉州, et le fer en poudre à Pékin 北京, Zunhua 遵化, Linfen 临汾.
[1] Julien Stanislas, Champion Paul, Industries anciennes et modernes de l'empire chinois : d'après des notices traduites du chinois, Paris, 1869, p.52.
Opérations
Il s’agit des étapes préliminaires à la fonte : l’extraction et le lavage.
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Extraction : cette opération peut être divisée en deux sous-opérations : le labourage de la terre et la collecte des minerais. Cela consiste à ramasser le minerai de fer en mottes présent directement à la surface de la terre, ou, comme le texte l’indique, à labourer la terre peu profonde lorsque celle-ci est humide après la pluie avec une charrue à bœuf pour découvrir le minerai enterré. La représentation de la charrue sur l’image nous permet de distinguer l’extraction du fer en mottes.
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Lavage : Après avoir collecté les minerais, on les porte sur le lieu du lavage pour un filtrage élémentaire. L’auteur expose les détails de cette opération en mettant en scène le lavage du fer en poudre.
Objets finis
Après lavage, on obtient le fer prêt à la fonte.


