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Arts et métiers
en Chine au XVIIe siècle

天工開物 Tiangong kaiwu
Traités des industries diverses

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​Song Yingxing, Tiangong kaiwu 天工开物, Tu Shaokui, 1637.

Song Yingxing 宋应星 naît en 1587 dans une famille de fonctionnaires en déclin. Il réussit l’examen provincial avec son frère en 1615 avant de passer cinq fois l’examen impérial sans réussite. Ce n’est qu’à partir de 1634 qu’il occupe un emploi de fonctionnaire local. Il rédige la plupart de ses œuvres au moment où il est enseignant dans une école confucéenne de sa province natale, y compris Tiangong kaiwu, dont l’édition de 1637 est financée par son ami, Tu Shaokui 涂绍煃, un haut fonctionnaire qui a travaillé pour le ministère des Travaux. Song Yingxing se retire de la carrière publique à la fin de la dynastie Ming (1368-1644) et meurt en 1666. Ses écrits sont pour la plupart perdus.

1637

L’édition originale est celle écrite par Song Yingxing et publiée en 1637 par son ami Tu Shaokui.

Les trois seuls exemplaires de cette édition sont conservés aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de Chine, à la Bibliothèque nationale de France (BnF) et au musée d’art Seikadō-Bunko au Japon. L’exemplaire de l’édition originale de 1637 est disponible en ligne à l’adresse suivante :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52505781g/f6.item

C’est cette édition qui a été utilisée comme référence dans le cadre de ce travail.

Le Tiangong Kaiwu (œuvres du ciel et exploitation des choses) est un ouvrage illustré portant sur les techniques chinoises du début du XVIIe siècle. L’ouvrage se compose de trois livrets de 18 chapitres traitant pour la plupart des techniques de production quotidiennes de l’époque, que ce soit agricoles ou industrielles : tissus et teintures ; huile, sel, sucre ; poterie ; métaux ; véhicules ; papier et encre ; produits miniers et pierres précieuses, etc. Le recueil met en scène des contenus décrivant chaque production. On comptabilise 123 illustrations représentant les opérations de manière historicisante dans lesquelles on voit des hommes en action.

Le livre a été publié à la fin de la dynastie Ming, une époque où l’on trouve des œuvres similaires.

Un cas typique est celui de Sancai Tuhui 三才图会 (« Dessins des Trois Talents »), un ouvrage encyclopédique publié avant Tiangong Kaiwu, en 1609, proposant des sujets plus divers. Il contient des illustrations correspondant aux trois domaines fondamentaux de la connaissance dans la philosophie chinoise que sont le Ciel, la Terre et l’Homme, et couvre 14 catégories : astronomie, géographie, personnages, saisons, palais, outils artisanaux, corps humain, vêtements, rituels, objets précieux, faune, flore, etc.

Un autre ouvrage consacré à l’artisanat est Lu Ban jing 鲁班经 (« Canon des charpentiers »), dont l’édition illustrée date de l’époque de Jiajing (1522-1566). Ce livre est plutôt une compilation d’arcanes artisanales. Il comporte non seulement une série de descriptions sur la construction de meubles ou d’objets de menuiserie courants, mais aussi celles sur les rituels et la géomancie avec des images représentant des talismans et des charmes. Cet ouvrage ne servait vraisemblablement pas de guide pratique pour les jeunes charpentiers.

En ce qui concerne plus particulièrement certains chapitres de Tiangong Kaiwu, il existait aussi à l’époque des textes dont certains contenus sont similaires.

On peut citer à titre d'exemple, Bencao Gangmu 本草纲目 (« Classement de la matière médicale »), qui est une pharmacopée publiée en 1596, soit une quarantaine d’années antérieures à la publication de Tiangong Kaiwu. L’ouvrage illustré représente la tradition des pharmacopées chinoises et traite de l’utilisation médicinale des substances naturelles minérales, végétales et animales. Il est probable que Song Yingxing y eût accès car les parties consacrées aux métaux et aux roches qu’on y trouve se superposent largement avec certains des chapitres du Tiangong Kaiwu, même si la discussion se limite au domaine de la pratique thérapeutique.

Il y a également Nongzheng Quanshu 农政全书 (« Traité général d’agriculture »), qui est un aperçu complet de presque tous les aspects de l'agriculture chinoise. Publié en 1639, le livre est le fruit d’un échange de savoir entre un haut fonctionnaire et des jésuites. L'ouvrage publié est abondamment illustré puisqu’il comprend l'intégralité d’un ancien traité d'agriculture Nongshu 农书, mais également le texte complet et les illustrations du Taixi Shuifa 泰西水法 (« Machines hydrauliques de l'Occident »), une étude sur les pompes, les vis et les machines connexes que l’auteur Xu Guangqi a réalisée avec le jésuite Sabatino de Ursis en 1612.

L’influence occidentale sur l’Orient à l’époque se traduit aussi par un autre ouvrage Yuanxi Qiqi Tushuo Luzui 远西奇器图说录最 (« Essentiel des explications et représentations de merveilleuses machines d’Extrême-Occident » ) publié en 1627. Il s’agit d’une compilation traduite à base des œuvres occidentales techniques. Elle est composée de théories concernant la science du poids, des analyses et des calculs appliquées aux machines simples, et de divers diagrammes didactiques de machines.

En écrivant ce livre, l’auteur souligne le rôle crucial de la participation de l’homme dans la production et estime que l’objectif premier des techniques est d’améliorer la vie des gens. Il mène une réflexion critique sur le manque de connaissances pratiques des lettrés de l’époque et a pour intention d’offrir à ceux qui le désirent une connaissance du monde naturel et matériel et de son exploitation par l’homme.
D’un point de vue général, Tiangong Kaiwu est le premier ouvrage à avoir rassemblé les techniques agricoles et artisanales donnant ainsi à l’œuvre un caractère encyclopédique.

Dans la préface, l’auteur nous dit : « Si les descendants de maisons nobles et les princes qui ont grandi dans les palais veulent voir les outils agricoles lorsque l’arôme du riz s’échappe de la cuisine impériale, ou que les servantes de la cour imaginent le tissage lorsqu’elles coupent de beaux vêtements, ne serait-ce comme acquérir un grand trésor que d’ouvrir un livre contenant ces images à ce moment-là ? ».  Song écrit donc en premier lieu pour la classe des élites dont la vie est détachée des activités productives qui, pour quelque raison que ce soit, présente un intérêt pour les sujets techniques.


D’un autre côté, le livre, par son côté pratique qui aborde les sujets allant de l’exploitation des matières premières à la rentabilité des produits, a également pour public des gens qui sont moins éduqués que les élites, tel que les marchands et les artisans qui sont capables de lire et payer le livre. Pour certains chercheurs comme Peter J. Golas , le livre est même abordable pour les paysans.

Sancai Tuhui
Lu Ban Jing
Bencao Gangmu
Yuanxi Qiqi Tushuo Luzui
Yuanxi Qiqi Tushuo Luzui
Nongzheng Quanshu
Enjeux
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Auteur
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Nature
Contexte
Destinataire

Prosper Mérimée 2022-2024

Omonoia 2020-2022

Master Erasmus Mundus TPTI

Dernière mise à jour: 01/ 2024

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