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Utopie urbaine au XXe siècle
Les mégastructures

Dessins de Paul Maymont

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Don M. Jacques Rougerie en 2010, AM 2010-2-778 - Centre Pompidou

Paul Maymont (1926-2007) est un architecte et urbaniste futuriste qui imaginait des villes flottantes ou suspendues à des câbles d’acier. Ancien élève d'Auguste Perret, Paul Maymont découvre à la fin des années 1950 au Japon, après avoir obtenu son diplôme d'architecte à l'École des Beaux-Arts de Paris, la possibilité de construire des cités sur la mer et met au point ses projets d'urbanisme flottant et spatial.

Architecte fantastique, il imagine tout au long de sa carrière des constructions flottantes antisismiques sur matelas d'air, des villes verticales suspendues, des villes climatisées sahariennes ou polaires et des plans d'urbanisme flottant pour la baie de Tokyo et d'aménagement sous la Seine pour Paris.

Il est en 1965 l'un des membres fondateurs du Groupe international d'architecture prospective qui rassemble architectes, plasticiens ou sociologues préoccupés de "prospective" architecturale, comme Yona Friedman, Michel Ragon, Nicolas Schöffer.

Tous réalisés en 1962, ces dessins s’inscrivent dans le tournant sociétal des années 1960. Chloë Vidal définit la prospective comme « une philosophie de l’action collective s’efforçant de répondre à la nécessité politique de « conjuguer » les temps (passé, présent, futur) et d’offrir une représentation cohérente de l’avenir » [1]. De ce fait, bien que le GIAP se voulait apolitique, ces villes avaient pour but de répondre aux demandes nouvelles de la société.

[1] Vidal Chloë, « La prospective territoriale dans tous ses états. Rationalités, savoirs et pratiques de la prospective (1957-2014) », thèse de doctorat dirigée par Michel Lussault et Jean-Jacques Wunenburger, Université de Lyon, 2015.

Paul Maymont, Tirage sur papier, encre de Chine et collage sur tirage photographique. Dimensions 39x39 cm. Acquisition : Don M. Jacques Rougerie en 2010. N° d’inventaire : AM 2010-2-780 - Centre Georges Pompidou.

Paul Maymont, Plan de situation, 1962, Dessin d’architecture, Crayons de couleur, graphite sur calque, 29 x 36 cm, Don M. Jacques Rougerie en 2010, AM 2010-2-778 - Centre Georges Pompidou.

Paul Maymont, Esquisses, 1962, dessin d’architecture, graphite sur calque, 37x37 cm, don M. Jacques Rougerie en 2010, AM 2010-2-777 - Centre Georges Pompidou.

Paul Maymont, dessin d’architecture, perspective et élévation, graphite sur calque, 1962, 33x61,5 cm, don de M. Jacques Rougerie en 2010, AM 2010-2-770 - Centre Georges Pompidou.

Le contexte post-atomique de l'après-guerre confère une tonalité très ambiguë à ces réalisations, marquées par une inquiétude sous-jacente liée à la menace d'un univers techniciste. Le but de l’utopie urbaine et architecturale est de susciter la réflexion et le changement, allier la réalité d’aujourd’hui et l’environnement de demain. Face à une urbanisation massive dès la fin de la Seconde Guerre mondiale et la multiplication des grands ensembles, une conscience environnementale émerge dès la fin des années 1950, contribuant à une prise en compte du paysage dans la conception architecturale, visible à travers ces techniques. Cet engouement est marqué par une reconfiguration de l’espace à la fois architecturale et urbaine, offrant des projets de villes - parfois utopiques - en harmonie avec les progrès technologiques et les nouveaux modes de vie du monde occidental : c’est l’émergence de la « mégastructure » dans les années 1960. Cette notion ne renvoyant ni à un mouvement, ni à un groupe de théoriciens, ni même à un style architectural ou encore une doctrine, se présente sous la forme « d’utopie concrète » [2] portant un projet de société et reposant la question de l’humanisme. Ce sont des blocs, des structures compactes propres au « gigantisme ».

[2] « Mégastructures. Dimensionner l’avenir, les figures de la démesure. Une exposition du 40e anniversaire du Centre Pompidou », Académie de Nantes, 30 mars 2017.

La prospective était une science de la prévision à long terme qui, selon Berger, supposait « de comprendre l’avenir et non pas de l’imaginer ». M. Ragon utilisa ce terme pour designer les recherches d’une nouvelle génération d’architectes qui prôna à l’époque un renouveau dans le domaine de l’urbanisme et voulait se démarquer des principes de l’architecture standardisée et modulaire incarnée par Le Corbusier, ainsi que du Style International des premières décennies du XXe siècle [3]. Cette architecture prospective se caractérise par une grande pluralité formelle, c’est-à-dire de dépasser toutes les limites qui n’étaient pas associé au domaine de la construction, comme la stabilité, la pérennité, la rationalité et la pesanteur. Globalement, la ville prospective est une attitude et une méthode qui permet d’éclairer l'action présente à la lumière des futurs possibles et souhaitables. Elle est exploratoire, stratégique et opérationnelle. La prospective permet donc de baliser le champ des possibles et surtout de préciser celui des souhaitables.

[3] Ragon Michel, « Architecture et mégastructures », Communications, n°42. Bernard Paillard (dir.), Le gigantesque, 1985, p. 69-77.

Dans l’absolu, aucune information n’est donnée véritablement sur le destinataire en tant que tel, bien que l’on peut supposer que ce dessin présentant un projet non-réalisé, est destiné au bien-être de la population, dont on ne peut que présumer les modes de vies actuels.

Enjeux
Auteur
Date
Nature
Contexte
Destinataire
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Prosper Mérimée 2022-2024

Omonoia 2020-2022

Master Erasmus Mundus TPTI

Dernière mise à jour: 01/ 2024

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