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Techniques et pratiques

Cas d'étude:

Le Quipou

La forme du discours

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Description: Quipu or khipu; knotted cotton or wool(?)

Cultures/periods: Inca (?)

Production date: 1430-1530 (?)

Production place: Made in: Peru

Americas: South America: Peru

Field Collection by: Dr de Bolivar

Excavated/Findspot: Americas: South America: Peru: Pacasmayo Valley

Materials: fibre (cotton or wool?)

Dimensions: Length: 71 centimetres / Width: 104 centimetres

 

Acquisition date: 1907

Registration number: Am1907,0319.286

Conservation: Treatment

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Le Quipu est un objet qui sert au stockage d’informations comptables. Il est fait matériellement de cordes. Il est composé d’un axe principal et d’une série de cordes de tailles et de couleurs différentes qui sont attachées à la première. Ces cordes en série sont constituées d’un système de nœuds qui représentent l’information qu’il contient. Ces cordes sont principalement en laine ou en coton et dans certains cas s’ajoutent d’autres éléments permettant de caractériser la typologie du quipu. Il en existe plusieurs exemplaires conservés aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne et au Pérou.

Le Quipu qui constitue notre objet d’étude est celui conservé au British Museum depuis 1907.

Quelle est la nature du discours?

A l’époque de la culture Inca, l’art textile s’est développé comme une forme d’expression intégrale (objet esthétique, objet technique, objet fonctionnel). Au fur et à mesure, cela a constitué le langage textile qui caractérise les cultures préhispaniques de l’Amérique latine et qui nous questionne par rapport à l’écriture traditionnelle faite à l’encre sur le papier. Ce langage se transmet par différents objets de fonctions divers. Les plus remarquables sont les Tocapus (sorte de toiles tissus avec des motifs en forme de glyphes) et les Quipus (objets de comptabilité et de mesure utilisés pendant la période de l’Empire Inca). Ces deux types d’objets constituent les vestiges qui perdurent jusqu’à nos jours.

La fonction principale du Quipu était surtout destinée au recueil et au stockage d’informations quantitatives des tributs venues des zones occupées par l’Empire. Ces objets étaient envoyés à la capitale comme document d’information et conservés en tant qu’archive comptable.

L'auteur

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Qui est-il ?

L’auteur de ce quipu (comme c’est le cas de la plupart des exemplaires) est inconnu.

Par contre, on sait de manière générale que les créateurs des quipus étaient une sorte de fonctionnaires publiques appelés « Quipucamayoc » qui avaient pour mission de fiscaliser le recueil et l’envoi des tributs, leur enregistrement et la lecture de ces objets comptables. Cette forme de comptabilité et donc d’usage des quipus sont conservés durant les premières décennies après l’arrivée des colons espagnoles grâce à la maîtrise pratique des habitants de ce type d’objets. Les tributs étaient alors destinés à la couronne espagnole. 

Comment se présente-t-il ?

La materialité des Quipus peut nous donner des informations sur le réalisateur de l’objet. En effet, dans certains cas, le Quipus contient des objets particuliers appartenant à la nature du lieu d’origine, ce qui permet d’obtenir des informations sur la provenance de l’objet et probablement la région de travail du Quipucamayoc

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qui l’a élaboré (ex. : les petits coquillages ou morceaux de coquilles proviennent de la côte, les plumes de la forêt, etc). A part ces information, il est compliqué de préciser des donnés spécifiques sur l’auteur vu que les Quipucamayoc étaient des fonctionnaires qui servaient au systeme de recueil des tributs. 

Quelle est sa motivation ?

Dans l’organisation administrative de la civilistion Inca, existait, après l’empereur et sa famille, un large groupe de la noblesse qui se divisait en trois grands groupes : la noblesse de sang, la noblesse de provenance et la noblesse de privilège, c'est dans ce dernier oú appartenaient les personnages qui s’étaient remarqués grâce à la maitrise des savoirs dans une certaine activité, comme les Amautas ou curanderos, les grands soldats, ou bien encore les Quipucamayoc qui maitrisaient le savoir comptable.

Le contexte

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Date de production/édition du discours :

La production du Quipu du British museum est datée entre 1430-1530 (?), c’est-à-dire qu’il a été produit pendant la période impériale de la Civilitation Inca, pendant l’occupation la plus vaste de l’Empire, qui nécessitait un contrôle accru des territoires et une fiscalisation plus stricte des tributs vers l’administration.

Cadre historique

La civilisation inca s’est constituée en tant qu’empire entre xxx et xxx siècle.

  •  Periodo Aldeano o feudal : établissement des tribus quechuas sur toute la zone du Collao. Elles deviennent des nations indépendantes, chacune avec sa culture et religion.

  • Periodo confederado : après l’invasion des Aymaras (civilisation béliqueuse de l’ouest de l’actuel territoire bolivien), les Quechuas se rejoignent sous le pouvoir de Manco Capac, qui réussit à sauver la souveraineté des ces petites tribus.

  • Periode Unifié u Imperial : le prestige des incas sur les tribus confédérées s’impose, ce qui les place hierarchiquement parlant au-dessus des autres. L’inca Pachacutec détruit la confédération et réunit toutes les tribus dans une seule nation sous le nom de Tahuantinsuyo (les quatre régions unis) (1420), en centrant le pouvoir à Cusco.

  • Periodo del Imperio dividido : au décès d’un des plus grands Incas (Huayna Capac)  en 1525, le territoire est divisé entre ses deux fils (Huascar et Atahuallpa). Cette action porte un coup fatal à  l’Empire qui est désormais partagée entre deux nouveaux sous-royaumes, ce qui béneficie aux espagnoles qui se lancent alors dans la conquête du Pérou

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La Technique

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Sujet du discours

Les quipus administratifs enregistraient des informations quantitatives ou des chiffres, c’est-à-dire les recensements des ressources alimentaires pour payer les tributs. Dans certain cas exceptionnels, ils ont été utilisés pour signifier des faits historiques. Dans ces cas-là,  les nœuds servaient de référence pour un effort de mémoire, pour se rappeller et reconstruire le passé.

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La description de la technique 

Pendant la période inca, les quipus étaient fabriqués avec du coton torsadé ou de la laine de camélidés, et dans de nombreux cas, les deux matériaux étaient combinés dans le même objet.

Morphologiquement, le quipu est composé d'une corde principale et de cordes à partir desquelles l'information a été enregistrée sous forme de nœuds.

La corde de base du quipu, connue sous le nom de corde principale, est située horizontalement et c’est à partir d’elle que les cordes suspendues ont été attachées. À leur tour, les cordes suspendues ou les cordes subsidiaires étaient liées, reflétant les hiérarchies entre les informations enregistrées dans le quipu. Certains quipus ont une corde supérieure connue sous le nom de corde de résumé, la somme totale des valeurs enregistrées des pendentifs. Aussi certains presentent un type de noeud terminal à la fin, et à l'autre extrême on laisse la continuité de la corde afin de pouvoir rouler le quipu pour le stocker dans des archives.
Les cordes suspendues étaient ancrées à la corde primaire de manière droite ou versa, de même que les cordes qui composaient une équipe représentaient une torsion qui pouvait être de type S si elle était à droite, et de type Z si elle tournait vers la gauche.

Dans la position des unités, le numéro un était inscrit avec un nœud en forme de huit, tandis que les chiffres de 2 à 9 étaient représentés par de longs nœuds où le nombre de tours déterminait le nombre représenté.

Dans les dizaines, centaines, milliers et dizaines de milliers de positions, les nœuds étaient représentés par un simple nœud, où le nombre de nœuds déterminait le nombre (par exemple, trois nœuds ensemble, en position des dizaines, représentaient le nombre 30).

Le nombre zéro était représenté par un espace vide .

Les regards

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Regard 1:

GUAMÀN POMA DE AYALA, Felipe, Primer nueva crónica y buen gobierno, (Selecciòn de grabados donde aparece el quipu), Reporte en forma de crònicas (1615)

A qui ça s'adresse ? quel est l'usage ?

Felipe Guamán Poma de Ayala, (Cuzco, 1534 - Lima, 1615) était un chroniqueur amérindien d'origine inca de l'époque de la vice-royauté du Pérou.

Guamán Poma a passé plusieurs années à parcourir toute la vice-royauté et à écrire sa Première Nouvelle Chronique et bon Gouvernement, l'un des livres les plus originaux de l'historiographie mondiale. Dans cet ouvrage de 1180 pages et 397 gravures, et écrit entre 1600 et 1615 et dédié au roi Felipe III d'Espagne, le Crónica décrit les injustices du régime colonial et soutient que les Espagnols étaient des colons étrangers au Pérou. Le roi n'a jamais reçu le document, apparement il s'est perdu en cours de route. Il est actuellement conservé à la Bibliothèque royale du Danemark et peut être consulté en ligne.

Le Quipucamayoc apparait dans plusieurs exemplaires de Guamán Poma de Ayala comme personnage principal. Dans son premier écrit insiste auprès du vice-roi pour conserver les gouverneurs régionaux natifs et surtout de ne pas les substituer par des gouverneurs espagnols, puisque les natifs connaissaient déjà la façon de gérer les territoires et les techniques de suivi comptable associées. Poma présente le personnage comme

Comptable Majeur – Trésorier du Tahuantinsuyo, c’est-à-dire, quelq’un qui a déjà acquis une formation pour réaliser le calcul, la comptabilité, et la transcription dans les Quipus.

État de la question

 

Regards croisés

En lien avec cette étude de cas, vous trouverez deux Podcasts : l'interview de Massimo Negri, spécialiste en muséologie ; l'interview de Steve Bourget, Responsable des collections Amériques au musée du quai Branly- Jacques Chirac. Ils nous parleront des techniques dans leur pratique professionnelle et la représentation des techniques aux musées.

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Regard 2:

FRAY MARTÌN DE MURÙA, Historia del origen y genealogia real de los reyes ingas del Peru, 1590. Carta y quipu del Inca Mangomarca, adonde de las ordenazas de gobierno, Qipucamayoc, los contadores del inca, Colección Galvin

A qui ça s'adresse ? quel est l'usage ?

Le frère mercédaire, Martín de Murua (Azpetia 1566 - Madrid 1616), originaire de la région basque espagnole, fut envoyé au Pérou dans les années 1580 pour mener à bien son travail d’endoctrinement de la vice-royauté.

Entièrement dédié à la recherche sur les traditions autochtones, il a parcouru une partie du Pérou, de la Bolivie et de l'Argentine jusqu'en 1615, année au cours de laquelle il est retourné dans son pays natal en emportant deux manuscrits qui témoignent des pièces importantes de notre histoire : la période de grands changements, le début de l'interculturalité.

Le manuscrit de Galvin, nommé d'après son propriétaire Sean Galvin, a été réalisé vers 1590, initialement intitulé par Murua comme Histoire de l'origine et généalogie royale des rois Inga de Piru. De leurs actes, coutumes, costumes et mode de gouvernement. Il contient 115 illustrations en couleur. Le second manuscrit, dit Getty, a été réalisé par le vicaire en 1615. C'est une version qui synthétise le premier codex. Ils lui ont donné ce nom car il faisait partie des collections du musée américain J. Paul Getty. Initialement nommé Historia general del Piru, il contient 39 illustrations en couleurs

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Regard 3:

 

Lettere d'una peruana par rapport a l’hypothese de 'Quipu ecrit a la Duchesse de s **** , Principe de SanSevero, 1751, Napoli.

A qui ça s'adresse ? quel est l'usage ?

Lettre apologetica, de l'imprimerie privée du prince de Sansevero, paraît au début de 1751 - mais la page de titre porte la date de l'année précédente. Ce livre suscite étonnement et perplexité, tant pour sa typographie exceptionnelle que pour son contenu kaléidoscopique. Il a été rédigé par Raimondo di Sangro lui-même, qui l'a publié avec l'approbation de Crusca et son nom académique, le titrant lettre d'excuses de l'armee academique de la crusca contenant la defense du livre intitule Lettere d'una peruana par rapport a l’hypothese de 'Quipu ecrit a la Duchesse de s **** et publie par la meme (naples 1750).

Formellement, la lettre de Sansevero a été présentée comme une excuse amusée pour l'efficacité d'un ancien système de communication utilisé par les incas du Perou. Adressée à une amie duchesse, elle est composée en profitant de la récente publication à Paris Des lettres d'une peruvienne (1747) de Françoise de Graffigny, roman épistolaire au goût exotique dont le protagoniste, selon l'auteur, avait ecrit certaines de ses lettres avec le quipu. En réalité, les nœuds faits avec des cordons de couleurs variées, appelés quipus, dont la civilisation précolombienne avait utilisé pour enregistrer des comptes ou des évènements, constituaient pour Raimondo di Sangro un prétexte pour toucher à d'autres sujets.

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Entretien NegriMuséologie vs. muséographie
00:00 / 25:28
Entretien Steve BourgetLa répresentation technique aux musées
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Dernière mise à jour: 01/ 2024

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